tisser l'amour

Publié le par Plum

La broderie, le tissage, sont sources de métaphores plus ou moins usées. Mais l'amour, quand il est neuf, ne peut déjà être éculé. C'est ce que nous dit Mary, amoureuse de Graig (un ouvroir, même au XIème siècle, est aussi un lieu de rencontres et de relations qui se tissent au fil des jours...

Lundi 5 mai de 1068

Qui est maître du temps ? Qui décide que certains jours sont lourds comme pierre, et qu’à grand peine il faut les porter, alors que d’autres sont si légers qu’ils volent comme plumes ?

Qui me fera croire qu’il n’y a pas eu plus de lunes à se lever entre la mort d’Emma et l’arrivée de Graig, qu’entre ce jour de lumière et maintenant où je pose les mots de l’amour ? Chaque jour qui vient m’est bonheur sans nom. Sur la Telle elle-même nous nous unissons, lui et moi: plaisir partagé de nos laines mêlées. Il couche les siennes pour emplir le motif de couleur, et je les maintiens sur le lin avec de petits points serrés. Yanna nous a laissé deux chevaux, et nous sommes très fiers de les voir marcher en majesté sur la route d’Hastings. Sœur Margareth veut bien une aide pour les bateaux. Nous ferons couchure de laines sur les planches posées à clin, côte à côte tout comme nous.

Tissons points après points grande broderie.

Croisons nos laines, croisons nos vies

Nouons et renouons les fils qui nous unissent.

Publié dans BRODERIE

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