Repas médiéval

Publié le par Plum

Guère le temps d'écrire aujourd'hui samedi, car je reçois des invités. Mais vous aimerez sans doute savoir ce que l'on aimait goûter au XIème siècle? Tout n'était pas que bouillie insipide...

"Le jeudi 12 de avril 1066: Ce matin Ann me tend trois  ardoises sur lesquelles est écrit un long poème. Durant toute la journée de samedi, elle n’a rien perdu du discours de sa cousine, et elle s’est amusée, dimanche, à lui écrire ce texte en vers, qu’elle me donne à lire à tout l’ouvroir :

Angéla, hier, tu m’as fait  bien rire, Et il me plaît de te l’écrire. Je te reconnais bien là ma cousine, A te faire du souci pour bonne cuisine.Lorsque tu t’agites autour de tes marmites, Papilles et narines palpitent. Il est bonheur d’être ton invité, Pour salmigondis ou charbonnée. Les jours maigres eux-mêmes, Chez toi sont rêves de Carême.Saumons et lamproies deviennent plats de roi. Sur le gril, tanche renversée, N’a d’égale que le hareng fumé. Pâté, matelote, et broche d’anguille, Même d’un mort, l’appétit émoustille. Avec de fraîches ortolailles, Tu fais riches compagnons de volailles.

Pendant tout l’hiver, ce pauvre chou, tu accommodes si bien, qu’ on le mange à genoux !

Epinards et tristes potées, Sont plats de riches sous tes doigts de fée.

Haricots, et dolics, si précieux, à savourer au cœur de l’hiver frileux,

Cuisent dans ton chaudron au coin du feu, Lard et aulx, leur font parfum savoureux.

Quels secrets y-a-t-il dans cette alchimie secrète, Pour que repas soit toujours moment de fête ?

Chez toi, point souvent de médecin. Poussent dans un coin caché de ton jardin,

Herbes et simples: maladies ennemies, Passez votre chemin, n’entrerez  pas ici 

Aux  douleurs et maux tu fais la guerre, Plus redoutable qu’apothicaire.

                 Mais ici Angéla, tire et pousse l’aiguille,

                 Décide si tu veux écrevisses ou maquereaux

                 Et choisis la couleur qui les rendra beaux ! 

Commenter cet article