TAXES et IMPOTS au MOYEN-AGE

Publié le par Marie France

14 février: sur leur petit nuage roucoulent les tourtereaux.
15 février: redescendus sur terre, ils paient leurs impôts!

Ce même jour, d'une plume alerte, mon TIP ai signé sans barguigner ,
Me demandant de quels droits, au Moyen-Age, il fallait s'acquitter?

    En ce temps là, le peuple faisait vivre les seigneurs, qui eux-mêmes emplissaient la cassette royale. Les prières suffisaient-elles à nourrir le clergé ? Non, l'argent devait rentrer dans les églises et les monastères. Le nom des différents impôts ou aides variait d'une région à l'autre, de même que leur montant. Trop souvent, certains impôts extraordinaires, dénommés aides, devenaient permanents (tiens donc!)
    Le serf, asservi au seigneur, devait s'acquitter de toutes sortes de charges :
- Les corvées diverses et variées telles curage, empierrage ou abattage de bois .
- La taille, qui payait la protection du seigneur, devint, à partir du XIVe, impôt royal .
- Le cens et le champart forment le loyer de la terre : le premier est fixe, le second est fonction de la récolte .
- les banalités: liées au droit de ban que détient le seigneur, propriétaire exclusif du moulin, du four, du pressoir, et qui en monnaie l'usage .
  A ces impôts ou corvées s'ajoutent des charges particulières comme la mainmorte au moment des héritages ou le formariage pour se marier en dehors de la seigneurie. Les droits de justice, de sceaux, de mutation et d'héritage reviennent également au seigneur .
  D'autres impôts étaient prélevés sur des activités diverses. Citons l'abeillage, prélevé en nature sur le miel récolté, l'éminage, sur la vente des grains aux halles, la tonlieu, droit de passage, le rouage en paiement des places occupées dans les foires. Il n'y a pas de petites économies !
  Le roi, en principe, ne perçoit que ce qu'il tire de son domaine. Il doit "vivre du sien ". Toutefois, pour l'effort de guerre ou de croisades, les seigneurs se doivent de contribuer largement. Au clergé, le roi impose la décime et les annates.

Au XIVe, est instauré l'impôt sur le sel, la célèbre gabelle. il y eut également la gabelle du vin, du drap ...monopoles d'état. Pour la gabelle sur le sel, le royaume était divisé en zones, qui s'affranchissaient de diverses manières de cet impôt. Ainsi, Bayeux relevait de la zone "quart bouillon"  ce qui signifiait que le sel était récolté en faisant bouillir le sable imprégné de sel, et qu'un quart du produit récolté devait être remis directement au grenier du Roi. La gabelle, qui perdura des siècles, fut un des points de mécontentement des cahiers de doléances.
Quant à la dîme, instaurée dès le Haut Moyen-Age, prélevée sur les récoltes ou tous fruits du travail, elle apportait aux ecclésiastiques des revenus toujours renouvelés. L'expression "portion congrue" était donnée à la part laissée par les gros décimateurs, abbé ou évêque, percevant la  dîme, et qu'ils abandonnaient à l'ecclésiastique chargé de remplir en leur nom les fonctions curiales.
  Le calcul des différents impôts se faisait par comptage des feux fiscaux (au sens strict, l'endroit où brûle le feu), désignant le logement familial .

Et aujourd'hui?

En l'an 2007  la fiscalité a-t-elle beaucoup  changé? A nous les péages, la TVA, la CSG, l'impôt sur le revenu, la taxe mobilière, la taxe d'habitation, l'impôt foncier, la taxe professionnelle, les droits de succession, de mutation, l'ISF... 

Il faut bien le reconnaître, un état ne peut fonctionner sans trésorerie. Réjouissons-nous donc de devoir payer des impôts, et prions pour que notre argent soit bien utilisé. C'est là une polémique à laquelle je me refuse de participer.

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dejalouguette 19/02/2007 18:56

merci pour cet article net, précis, bien illustré sur les impôts au moyen-Age . J\\\'avais bien appris,il y a fort longtemps, la taille , la gabelle et la dîme mais oublié le reste....
Zola écrivit:\\\"l\\\'impôt exécré,\\\"c\\\'était la gabelle odieuse \\\"
que dirait-il actuellement ?