vie sociale au Moyen-Age

Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 09:25

Eh oui! C'est la rentrée,

donc nous avons du coeur à l'ouvrage pour bien engager l'année qui vient.

Le blog des Brodeuses vous offre donc deux articles, coup sur coup,

pour mobiliser vos énergies avant les longs mois d'hivernage!

L'HIVER SERA LONG

Je « confiture », tu  congèles, elle conserve : il faut être prévoyant, fourmi plutôt que cigale? Au XXIème siècle, et ce  depuis de nombreuses années, il est aisé de conserver les aliments pour les consommer plus tard. Et « nos brodeuses » du Moyen-âge, quelles possibilités avaient-elles pour stocker quelques réserves alimentaires ?

                           Les techniques de conservation :

Le salage est utilisé pour la viande de porc, parfois le boeuf, et le poisson. Le porc était abattu au début de l'hiver, à l'époque où la viande ne risquait pas d'être gâtée par la chaleur. Débitée en morceaux, elle était placée dans de grands pots de terre cuite, en couches alternées avec du sel. Les pots étaient stockés dans un endroit aussi frais que possible, le charnier.

Les corporations de ceux qui débitaient et traitaient la viande fraîche étaient nombreuses dans les villes : le boucher ( du mot « bouc »), le charcutier ( le « charcuitier », qui cuit la chair), le porcatier, qui salait les chairs(midi), le polailler, qui vendait « les pols » et les « poles ». La consommation de viande était estimée à 130-150 kilos par an pour le seigneur, 35 à 40 kilos pour le paysan.

Le salage est aussi pratiqué pour le poisson, essentiellement le hareng. Placé dans un panier, recouvert d?un peu de sel puis de paille : c'est le « hareng »poudré. Il peut être salé dans des tonneaux, les caques, il devient « hareng caqué ». Les poissons ainsi traités peuvent se conserver une année

 

 

 

Le séchage se pratique à l'air libre, sur des pièces plutôt petites, poissons par exemple. C'est une technique encore utilisée de nos jours (morues).

A ce sujet, je voudrais vous conter la mésaventure survenue à ma fille qui fait de l'archéologie expérimentale au village de l'An Mil à Melrand (Morbihan). Une de ces expériences consistait à suspendre des morceaux de poisson (saumon) dans les chaumières, pour les sécher à l'air ou les fumer, dans les conditions du Moyen-âge. Un jour, un  élève  d?un des  groupes scolaires qu'elle reçoit souvent, se précipite vers elle en criant : »Madame, le poisson est encore vivant, il bouge encore ! » Effectivement, il bougeait, ou plus exactement, les centaines d?asticots qui y prospéraient !!!! La conservation artisanale a parfois des ratés. En l'An mil, ce devait être fréquent.

Le séchage est très pratique également pour certains fruits  tels noisettes, faînes, châtaignes, ou légumes dits secs : fèves, pois, lentilles. Dans cette catégorie, on peut également classer toutes les céréales,  qui entre pour une grande part dans l'alimentation sous forme de bouillies.

   Parmi les aliments dits »secs », on peut mettre le pain, aliment de base, dont il existait de multiples variétés, selon le type de farine utilisé. Les boulangers, (ou tamelier, celui qui tamise) étaient très nombreux. Citons le biscuit, cuit deux fois, très dur, mais qui se conserve longtemps.

Le fumage, d?une pratique courante, puisqu?il y avait toujours du feu dans les cheminées, ou dans le foyer situé au milieu de la chaumière permettait, en accrochant des pièces de viande ou de poisson, d'avoir de manière simple, des mets à portée de mains.

 

 

 

Que diriez-vous d'une langue de boeuf fumée il y a dix ans ? En principe, pas de problème, mais vous préférez peut-être une morue séchée de douze ans? libre à vous ! Le hareng, à condition de le fumer au bois de hêtre, vous est garanti comestible à vie ?.

Le salage et le fumage donnaient aux aliments un goût un peu fort  qu?il fallait  atténuer au moment de la consommation, ceci se faisait généralement par trempage préalable.

Bonjour abeilles! 

Le miel, le vinaigre, et la graisse

étaient utilisés pour confire certains  fruits ou viandes.

Le froid, ou du moins une température plus fraîche que la température ambiante pouvait être obtenue en creusant des puits dans le sol, dans lesquels étaient placés les aliments recouverts de terre. Il faut entendre des puits »secs », des sortes de silos.

Pour conclure ce petit tour d'horizon  des moyens de conservation au Moyen-âge, signalons que pour tenter de se protéger des intrusions des rats et des souris, les bâtiments de conservation des céréales étaient construits sur pilotis (c'est encore le cas en Afrique Noire).

Une des peurs de cette période, qui perdurera d'ailleurs pendant des siècles, est le poison, soupçonné d'être utilisé comme arme contre tout ennemi, réel ou imaginaire.

Les intoxications étaient effectivement courantes, mais dues soit à une contamination de l'eau des puits, un mauvais dosage ou des erreurs de manipulations de plantes toxiques, l'ingestion de viandes avariées ?   

C'est tout pour aujourd'hui, messieurs dames!

Par Marie France - Publié dans : vie sociale au Moyen-Age
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Lundi 24 septembre 2007 1 24 /09 /Sep /2007 23:42

On tuait déjà le cochon au Moyen-Age,

comme au temps des Très riches Heures du Duc de Berry,

comme en 2007 aussi!

Dans un paysage vallonné, le gardien des porcs lance son bâton dans les chênes afin de faire tomber les glands qui vont nourrir ses cochons.

D’abord on nourrit la bête, ensuite la bête nourrit l’homme…

Le récit d'Angéla, dans Les Brodeuses de l'Histoire ne manque pas de sel...

Lundi 17 décembre 1067  

Angéla, ce matin, nous est revenue brisée de fatigue.

-          C’était chez moi hier la tuée du cochon. C’est bien de la peine, tout ce travail, mais cela nous assure d’avoir à manger pour un moment. La viande est au saloir, et dans la cheminée, saucisses, boudins et lard sècheront et fumeront tout l’hiver.

Pas pressée de prendre l’aiguille et la laine, elle s’assoit et raconte pêle-mêle son beau cochon qu’elle a si souvent emmené à la glandée, ses cris quand on l’a égorgé, les boyaux fumants qu’il faut vider et nettoyer pour les saucisses, l’odeur des soies brûlées au-dessus du feu, la couenne grattée, les hommes si occupés qu’ils ont faim, et surtout soif plus souvent qu’à leur heure, et qui le soir venu…

-          C’est qu’il ne faut pas quitter les marmites, chauffer de l’eau, faire cuire, tourner, et éplucher des oignons, et encore et toujours du sel, et surveiller les enfants qui pourraient se brûler. Et les chiens, voleurs comme goupils, traînent les boyaux ; on leur jette la rate, si mauvaise, que seuls chiens ou chats s’en régalent. Eh ! c’est qu’il fait froid, et qu’il vente, et bien heureux quand il ne pleut pas, et que nous pataugeons dans la boue ! Suis quand même bien contente, pour sûr, toute ma famille pourra manger cet hiver, et encore après…  

Angéla se met à causer de potées, de farces, de pâtés, de bouillis et de sauces. Elle s’en prend soudain à Toustain qui passait par-là :

-          Pourquoi donc mon gars, ne mettez-vous pas quelques beaux gorets sur notre toile ? Sont bien plus utiles que ces bêtes étranges qu’il nous faut broder sans même en avoir jamais vu une seule. Tandis que des cochons, tout le monde connaît ! Vous n’en avez pas dans votre Normandie? Tiens donc, j’y pense, vous n’avez pas fait de vaches non plus, et pourtant, ce n’est pas ce qui manque dans votre pays ! Vous ne savez donc dessiner ni cochons ni vaches ?  

Le bestiaire d'Aberdeen, réalisé en Angleterre vers 1200, est un des plus beaux ouvrages de ce type. De très grande qualité, ses peintures sont réalisées sur un fond d'or bruni, révélant de riches couleurs avec une prédominance pour les bleus et les rouges. 

Bien différente est l'enluminure sur la tuée du cochon, que nous présente le Bréviaire d'amour d'Ermengol de Béziers:

Nous concluerons par une citation extraite du Dictionnaire d'agronomie de 1764:

                           "Le tems de vendre les Cochons gras,

                          est depuis le mois d'Octobre jusqu'au Carême. »

 

Par Marie France - Publié dans : vie sociale au Moyen-Age
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 23:47

Dans l'ouverture qu'elle a accepté d'écrire pour notre roman, Maud Boistay, archéologue au Village de l'an 1000, en Melrand, décrit avec tendresse et pudeur le site archéologique dont elle est responsable.

Je m'en suis inspirée pour décrire le village natal d'une des brodeuses: Yanna.

Voici une vue des vestiges actuels, et le texte qu'elle nous a confié.

 

 

Melrand, village breton

dans les Brodeuses de l'Histoire

"Arpentant les vestiges du village archéologique de l'An Mil, déserté depuis six siècles, je pensais à vous, petites gens dont personne ne parle, parce que, évidemment, votre labeur n'a produit que de petites choses. Mais nous n'avons souvent d'ailleurs pas plus de pensées pour ceux qui ont réalisé de grandes et belles oeuvres dont on s'accorde pourtant à dire qu'elles appartiennent au patrimoine de l'humanité, qu'elles en sont un précieux témoignage, une trace essentielle.

Et mon regard s'arrête, soudain pris d'une envie de vous rendre hommage, à travers les siècles, à vous les femmes, à vous les hommes, à vous les humbles, à vous tous, silencieux et laborieux.

Ces ruines ont été habitées, la Tapisserie de Bayeux a été brodée par eux, anonymes cachés derrière de grands personnages, héros de faits hauts en couleur dont la postérité garde mémoire. Et tous ceux-là, ces charpentiers, couvreurs, forgerons ou brodeurs, se sont aimés ou fâchés, ils ont connu petites misères, chagrins et fous rires, mais leurs sentiments ou ce qui a guidé leurs mains n'ont laissé aucune trace visible."

Maud Boistay

 

 

 

 

Par Marie France Le Clainche - Publié dans : vie sociale au Moyen-Age
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Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 22:18

Y avait-il du muguet au Moyen Age?

En offrait-on, comme souhait de bonheur au 1er mai?

A cette époque, la grande fête du mai célébrait le printemps, certes, mais aussi et surtout les amours! Amour se conjugue avec Toujours, mais aussi avec Bonheur, c'est bien connu!

Quand les Brodeuses de la Tapisserie de Bayeux ont le coeur gai... elles racontent:

2 mai 1067

« Te voilà revenue celte fête de Beltaine

Noir et froid de l’hiver, c’en est fini de vous,

Place au soleil, revoici le printemps si doux,

Remisons dans les coffres cape de tiretaine et bas de laine. »

Hier 1er mai à l’aube, tous les jeunes gars du village s’étaient levés pour emmayer les filles. Honneur et rose aux joues pour celles qui trouvèrent noisetier, charme ou bouleau devant leur porte, mais honte aux filles volages ou grincheuses, qui n’eurent que branche de houx, d’églantier ou de genêt ! 

Certaines  découvrirent un petit arbre planté devant chez elle par un soupirant voulant déclarer son doux sentiment, mais toutes dansèrent en farandoles autour de l’arbre de mai. Superbe au milieu de la place, ses branches basses avaient été coupées ; ne restait qu’un petit plumet de feuilles en haut du tronc, qui lui faisait comme couronne d’où tombaient guirlandes et rubans. Filles et garçons en âge d’amour étaient là, leurs mains trouvant celles qui ne voudraient point se quitter, celles qui, l’une dans l’autre serrées poursuivraient volontiers un peu plus loin le chemin…

La tradition de l'arbre de mai

Cette coutume répond à un rite de fécondité lié au retour de la frondaison. Jadis répandu dans toute l'Europe occidentale,, ce rite prend son sens dans le cycle du mai traditionnel.

Cette page d'un livre d'heures  représente au pied d'un arbre de mai orné de pommes d'amour, deux jeunes gens habillés de vert, les gémeaux. Ils marchent, une branche de mai à la main, afin d'aller   l'offrir à l'élue de leur cœur.

Beau 1er mai à tous!

Au cours de ce Week-end du 1er mai, nous étions invitées par CULTURA de Plaisir, à dédicacer Les Brodeuses. Par ce beau soleil, les gens étaient partis au vert... comme on les comprend! Nous avons donc sympathisé avec notre voisin de stand, auteur d'un livre sur l'Atlantide et sur la VIème République de 2012. Histoire, spiritualité, fiction...

  

Marie France Le Clainche avait pensé à tout: sa broderie au point de Bayeux lui a tenu compagnie, pour notre bonheur à tous:

 

 

 

 

 

 

 

Par Plum - Publié dans : vie sociale au Moyen-Age
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /Mars /2007 14:46

La semaine dernière, nous étions sur tous les médias et sur tous les linéaires porteurs de possibles cadeaux pour nous séduire. Tout est maintenant rentré dans l'ordre:il ne faut pas exagérer, ça pourrait nous monter à la tête!

Oublions bien vite nos longues heures de tâches ménagères comparées à celles de nos tendres compagnons, oublions les Afghanes, les mutilations sexuelles en Afrique, nos salaires moindres de 30%, la représentation minimale dans les instances politiques, le déficit de 80 millions de femmes en Inde et en Chine... la journée de la femme, c'est seulement le 8 mars!

Ne gémissez pas, vos ancêtres, mesdames, étaient bien plus à plaindre !

Au Moyen-Age, la rude  condition paysanne usait sans doute à part égale hommes et femmes. L'enfantement tuait grand nombre de mères. Faut-il considérer comme chance de survie, de se réfugier derrière les murs d'un monastère ? C'était le plus souvent dans la tendre enfance que se scellait le destin des oblats, voués à la vie monastique, sans que leur soit demandé leur avis.

Ecoutons deux brodeuses de la Tapisserie de Bayeux

Une des brodeuses de l’Histoire, Angéla, témoigne :  

« C’est grand bonheur d’être mère, mais rude tâche aussi parfois. Combien de femmes meurent ou restent malades toute leur vie d’avoir voulu un petit.[…] Un enfant arrête à peine de téter nos mamelons, qu’un autre déjà est au chaud dans notre ventre. Pas souvent que nos hommes sèment à côté du sillon, et nous avons le panier plein plus souvent qu’à notre tour, avec toujours cette peur de mourir en gésine. La vie, la mort, c’est tout pareil, ça vient et ça repart. »  p. 215.

Sœur Margareth témoigne aussi, car elle n'a pas choisi sa vie monastique:

«La vie au monastère est quiétude, et les jours, pareils les uns aux autres, sans surprise. L’habitude est un don du ciel qui nous fait bonheur. En nous plaçant au couvent, Père a fait le bon choix pour ma sœur et moi. Il lui a fallu doter nos deux sœurs aînées, et il n’était pas assez riche marchand pour agir de même avec nous. Il a cru sentir que nous avions vocation à servir Dieu, et l’enthousiasme que nous avons mis à accepter sa proposition a fait taire en lui certains scrupules qu’il avait peut-être. Bien sûr, nous aimions danser, des galants nous contaient fleurette, mais au monastère nous avons pu étudier, et cela nous a élevées bien au-delà de la condition qui aurait été la nôtre si nous avions été mariées.[…] Le chemin est long pour parvenir à n’être qu’amour et soumission. Je sens bien que parfois encore je trébuche sur les cailloux du passé qui remontent sous mes pieds. J’en demande pardon à Dieu, qui dans son infinie bonté aura pitié de moi, et toujours m’aidera. » p. 131.

Du Moyen-Age, nous restent les noms de femmes illustres: Héloïse, Hildegarde de Bingen, Aliénor d'Aquitaine, Jeanne d'Arc, Marie de France, pour les plus connues, toutes nobles ou intellectuelles, c'est assez peu pour 10 siècles d'histoire ! Elles ne doivent pas nous faire oublier toutes celles dont la vie s'abîma dans la glèbe ou les tâches ingrates .
Nos brodeuses qui avaient la chance de pratiquer un art nous ont laissé leur oeuvre. Ayons aussi une pensée pour toutes celles qui ne nous ont rien transmis: "petites gens dont personne ne parle parce qu'évidemment, votre labeur n'a produit que de petites choses " (préface des Brodeuses.)

FEMMES DE COMBAT, FEMMES DE LONGUE PATIENCE, FEMMES AMIES, AMOUREUSES ET SOEURS DES HOMMES, l’une de vous, Jeanne, 81 ans, s’en est allée, elle avait entendu parler des Brodeuses avant de partir. Le faire-part de décès en parle ainsi : « Sa silhouette menue s’est éloignée d’un pas rapide. Jeanne n’a jamais manqué de courage pour affronter la vie. Dans sa lutte contre la maladie, le contrat était difficile. Le 29 août, juste avant minuit, ses dernières forces l’ont quittée. Jeanne n’est pas partie seule…"

Par Marie France Le Clainche - Publié dans : vie sociale au Moyen-Age
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Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 10:06

14 février: sur leur petit nuage roucoulent les tourtereaux.
15 février: redescendus sur terre, ils paient leurs impôts!

Ce même jour, d'une plume alerte, mon TIP ai signé sans barguigner ,
Me demandant de quels droits, au Moyen-Age, il fallait s'acquitter?

    En ce temps là, le peuple faisait vivre les seigneurs, qui eux-mêmes emplissaient la cassette royale. Les prières suffisaient-elles à nourrir le clergé ? Non, l'argent devait rentrer dans les églises et les monastères. Le nom des différents impôts ou aides variait d'une région à l'autre, de même que leur montant. Trop souvent, certains impôts extraordinaires, dénommés aides, devenaient permanents (tiens donc!)
    Le serf, asservi au seigneur, devait s'acquitter de toutes sortes de charges :
- Les corvées diverses et variées telles curage, empierrage ou abattage de bois .
- La taille, qui payait la protection du seigneur, devint, à partir du XIVe, impôt royal .
- Le cens et le champart forment le loyer de la terre : le premier est fixe, le second est fonction de la récolte .
- les banalités: liées au droit de ban que détient le seigneur, propriétaire exclusif du moulin, du four, du pressoir, et qui en monnaie l'usage .
  A ces impôts ou corvées s'ajoutent des charges particulières comme la mainmorte au moment des héritages ou le formariage pour se marier en dehors de la seigneurie. Les droits de justice, de sceaux, de mutation et d'héritage reviennent également au seigneur .
   D'autres impôts étaient prélevés sur des activités diverses. Citons l'abeillage, prélevé en nature sur le miel récolté, l'éminage, sur la vente des grains aux halles, la tonlieu, droit de passage, le rouage en paiement des places occupées dans les foires. Il n'y a pas de petites économies !
  Le roi, en principe, ne perçoit que ce qu'il tire de son domaine. Il doit "vivre du sien ". Toutefois, pour l'effort de guerre ou de croisades, les seigneurs se doivent de contribuer largement. Au clergé, le roi impose la décime et les annates.

Au XIVe, est instauré l'impôt sur le sel, la célèbre gabelle. il y eut également la gabelle du vin, du drap ...monopoles d'état. Pour la gabelle sur le sel, le royaume était divisé en zones, qui s'affranchissaient de diverses manières de cet impôt. Ainsi, Bayeux relevait de la zone "quart bouillon"  ce qui signifiait que le sel était récolté en faisant bouillir le sable imprégné de sel, et qu'un quart du produit récolté devait être remis directement au grenier du Roi. La gabelle, qui perdura des siècles, fut un des points de mécontentement des cahiers de doléances.
Quant à la dîme, instaurée dès le Haut Moyen-Age, prélevée sur les récoltes ou tous fruits du travail, elle apportait aux ecclésiastiques des revenus toujours renouvelés. L'expression "portion congrue" était donnée à la part laissée par les gros décimateurs, abbé ou évêque, percevant la  dîme, et qu'ils abandonnaient à l'ecclésiastique chargé de remplir en leur nom les fonctions curiales.
  Le calcul des différents impôts se faisait par comptage des feux fiscaux (au sens strict, l'endroit où brûle le feu), désignant le logement familial .

Et aujourd'hui?

En l'an 2007  la fiscalité a-t-elle beaucoup  changé? A nous les péages, la TVA, la CSG, l'impôt sur le revenu, la taxe mobilière, la taxe d'habitation, l'impôt foncier, la taxe professionnelle, les droits de succession, de mutation, l'ISF... 

Il faut bien le reconnaître, un état ne peut fonctionner sans trésorerie. Réjouissons-nous donc de devoir payer des impôts, et prions pour que notre argent soit bien utilisé. C'est là une polémique à laquelle je me refuse de participer.

Par Marie France - Publié dans : vie sociale au Moyen-Age
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