Eh oui! C'est la rentrée,
donc nous avons du coeur à l'ouvrage pour bien engager l'année qui vient.
Le blog des Brodeuses vous offre donc deux articles, coup sur coup,
pour mobiliser vos énergies avant les longs mois d'hivernage!
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Je « confiture », tu congèles, elle conserve : il faut être prévoyant, fourmi plutôt que cigale? Au XXIème siècle, et ce depuis de nombreuses années, il est aisé de conserver les aliments pour les consommer plus tard. Et « nos brodeuses » du Moyen-âge, quelles possibilités avaient-elles pour stocker quelques réserves alimentaires ? Les techniques de conservation :
Le salage est utilisé pour la viande de porc, parfois le boeuf, et le poisson. Le porc était abattu au début de l'hiver, à l'époque où la viande ne risquait pas d'être gâtée par la chaleur. Débitée en morceaux, elle était placée dans de grands pots de terre cuite, en couches alternées avec du sel. Les pots étaient stockés dans un endroit aussi frais que possible, le charnier.
Les corporations de ceux qui débitaient et traitaient la viande fraîche étaient nombreuses dans les villes : le boucher ( du mot « bouc »), le charcutier ( le « charcuitier », qui cuit la chair), le porcatier, qui salait les chairs(midi), le polailler, qui vendait « les pols » et les « poles ». La consommation de viande était estimée à 130-150 kilos par an pour le seigneur, 35 à 40 kilos pour le paysan.
Le salage est aussi pratiqué pour le poisson, essentiellement le hareng. Placé dans un panier, recouvert d?un peu de sel puis de paille : c'est le « hareng »poudré. Il peut être salé dans des tonneaux, les caques, il devient « hareng caqué ». Les poissons ainsi traités peuvent se conserver une année
Le séchage se pratique à l'air libre, sur des pièces plutôt petites, poissons par exemple. C'est une technique encore utilisée de nos jours (morues). A ce sujet, je voudrais vous conter la mésaventure survenue à ma fille qui fait de l'archéologie expérimentale au village de l'An Mil à Melrand (Morbihan). Une de ces expériences consistait à suspendre des morceaux de poisson (saumon) dans les chaumières, pour les sécher à l'air ou les fumer, dans les conditions du Moyen-âge. Un jour, un élève d?un des groupes scolaires qu'elle reçoit souvent, se précipite vers elle en criant : »Madame, le poisson est encore vivant, il bouge encore ! » Effectivement, il bougeait, ou plus exactement, les centaines d?asticots qui y prospéraient !!!! La conservation artisanale a parfois des ratés. En l'An mil, ce devait être fréquent. Le séchage est très pratique également pour certains fruits tels noisettes, faînes, châtaignes, ou légumes dits secs : fèves, pois, lentilles. Dans cette catégorie, on peut également classer toutes les céréales, qui entre pour une grande part dans l'alimentation sous forme de bouillies. Parmi les aliments dits »secs », on peut mettre le pain, aliment de base, dont il existait de multiples variétés, selon le type de farine utilisé. Les boulangers, (ou tamelier, celui qui tamise) étaient très nombreux. Citons le biscuit, cuit deux fois, très dur, mais qui se conserve longtemps.
Que diriez-vous d'une langue de boeuf fumée il y a dix ans ? En principe, pas de problème, mais vous préférez peut-être une morue séchée de douze ans? libre à vous ! Le hareng, à condition de le fumer au bois de hêtre, vous est garanti comestible à vie ?.
Le salage et le fumage donnaient aux aliments un goût un peu fort qu?il fallait atténuer au moment de la consommation, ceci se faisait généralement par trempage préalable.
Le miel, le vinaigre, et la graisse étaient utilisés pour confire certains fruits ou viandes.
Le froid, ou du moins une température plus fraîche que la température ambiante pouvait être obtenue en creusant des puits dans le sol, dans lesquels étaient placés les aliments recouverts de terre. Il faut entendre des puits »secs », des sortes de silos. Pour conclure ce petit tour d'horizon des moyens de conservation au Moyen-âge, signalons que pour tenter de se protéger des intrusions des rats et des souris, les bâtiments de conservation des céréales étaient construits sur pilotis (c'est encore le cas en Afrique Noire). Une des peurs de cette période, qui perdurera d'ailleurs pendant des siècles, est le poison, soupçonné d'être utilisé comme arme contre tout ennemi, réel ou imaginaire.
Les intoxications étaient effectivement courantes, mais dues soit à une contamination de l'eau des puits, un mauvais dosage ou des erreurs de manipulations de plantes toxiques, l'ingestion de viandes avariées ? C'est tout pour aujourd'hui, messieurs dames! |
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Le fumage
Bonjour abeilles!
On tuait déjà le cochon au Moyen-Age,
« Te voilà revenue celte fête de Beltaine
Oublions bien vite nos longues heures de tâches ménagères comparées à celles de nos tendres compagnons, oublions les Afghanes, les mutilations sexuelles en Afrique, nos salaires moindres de 30%, la représentation minimale dans les instances politiques, le déficit de 80 millions de femmes en Inde et en Chine... la journée de la femme, c'est seulement le 8 mars!
« C’est grand bonheur d’être mère, mais rude tâche aussi parfois. Combien de femmes meurent ou restent malades toute leur vie d’avoir voulu un petit.[…] Un enfant arrête à peine de téter nos mamelons, qu’un autre déjà est au chaud dans notre ventre. Pas souvent que nos hommes sèment à côté du sillon, et nous avons le panier plein plus souvent qu’à notre tour, avec toujours cette peur de mourir en gésine. La vie, la mort, c’est tout pareil, ça vient et ça repart. »
«La vie au monastère est quiétude, et les jours, pareils les uns aux autres, sans surprise. L’habitude est un don du ciel qui nous fait bonheur. En nous plaçant au couvent, Père a fait le bon choix pour ma sœur et moi. Il lui a fallu doter nos deux sœurs aînées, et il n’était pas assez riche marchand pour agir de même avec nous. Il a cru sentir que nous avions vocation à servir Dieu, et l’enthousiasme que nous avons mis à accepter sa proposition a fait taire en lui certains scrupules qu’il avait peut-être. Bien sûr, nous aimions danser, des galants nous contaient fleurette, mais au monastère nous avons pu étudier, et cela nous a élevées bien au-delà de la condition qui aurait été la nôtre si nous avions été mariées.[…] Le chemin est long pour parvenir à n’être qu’amour et soumission. Je sens bien que parfois encore je trébuche sur les cailloux du passé qui remontent sous mes pieds. J’en demande pardon à Dieu, qui dans son infinie bonté aura pitié de moi, et toujours m’aidera. » p. 131.
Du Moyen-Age, nous restent les noms de femmes illustres: Héloïse, Hildegarde de Bingen, Aliénor d'Aquitaine, Jeanne d'Arc, Marie de France, pour les plus connues, toutes nobles ou intellectuelles, c'est assez peu pour 10 siècles d'histoire ! Elles ne doivent pas nous faire oublier toutes celles dont la vie s'abîma dans la glèbe ou les tâches ingrates .
D'autres impôts étaient prélevés sur des activités diverses. Citons l'abeillage, prélevé en nature sur le miel récolté, l'éminage, sur la vente des grains aux halles, la tonlieu, droit de passage, le rouage en paiement des places occupées dans les foires. Il n'y a pas de petites économies !


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